6 pistes pour un retail plus durable

Début mai, le projet de Loi Climat intitulé « Climat et Résilience » a été adopté. Parmi six grands thèmes – consommer, produire et travailler, se déplacer, se loger, se nourrir, renforcer la protection judiciaire de l’environnement – le dernier intéresse tout particulièrement les retailers. L’Assemblée nationale a voté en faveur d’un étiquetage environnemental sur les produits : un “score carbone” mis en place en “priorité”, mais pas uniquement, dans le secteur de l’habillement. Très polluante, l’industrie textile est souvent pointée du doigt. En Europe, 4 milliards de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés par an. 20 % des vêtements sont recyclés et 80% rejoignent les décharges ou sont incinérés.

Alors que la mode et la surconsommation poussent à renouveler sa garde-robe sans cesse – sachant que 70% d’une garde-robe ne sera pas portée et nos vêtements seront utilisés en moyenne 7 à 10 fois – les consommateurs se montrent de plus en plus concernés par l’aspect environnemental. Et c’est encore plus vrai pour les consommateurs de la génération Z. Des études laissent entrevoir que les volumes de vente de vêtements plafonnent, voire déclinent.

La demande des consommateurs n’augmentant pas autant que les retailers le souhaiteraient, il est plus important que jamais pour eux de répondre efficacement aux attentes des clients afin de les fidéliser. L’un des moyens pour y parvenir est d’être en mesure de livrer le produit au client dans les plus brefs délais. Il ne s’agit pas pour autant de surstocker ou de transporter des articles d’un magasin à l’autre, mais de travailler plus intelligemment et de manière efficiente pour répondre à la demande. Les pistes suivantes peuvent aider à réduire la quantité de produits gaspillés, que ce soit pour améliorer l’empreinte environnementale mais également pour améliorer les marges des enseignes.

1/ S’inquiéter du sur-stockage plutôt que des ruptures de stock

A l’heure actuelle, les retailers français devraient cesser de craindre les ruptures de stock et se concentrer sur l’épineux problème des surstocks. Car, au-delà de l’impact environnemental néfaste de la création d’un plus grand nombre de déchets, cette situation incite les fabricants à produire davantage, à un rythme plus rapide et avec moins de ressources, ce qui ne peut que se traduire par des normes médiocres en matière de production éthique et durable. Malgré l’attention portée par les acheteurs sur ce point, les surstocks persistent et les cycles de démarques interminables se poursuivent dans toute l’industrie. Il y a les offres de lancement, les soldes deux fois par an, et entre les deux, il y a les “jours de frénésie”, comme le Black Friday ou encore les French days. Sans parler des processus utilisés par certaines marques pour se débarrasser de la marchandise invendable en la brûlant comme l’a fait Burberry en son temps. En France, dans le cadre de la loi anti-gaspillage, les marques auront l’interdiction de brûler ou de détruire des vêtements invendus. D’où l’importance pour les producteurs de s’attaquer frontalement à la « surproduction ».

2/ La visibilité des stocks en temps réel pour produire moins et optimiser les profits

Les nouvelles technologies vont aider le retail à se montrer plus écoresponsable. L’essor de l’omnicanalité s’est accéléré depuis un an, et permet de répondre aux nouvelles formes de consommation observées depuis un certain temps. S’il s’agit de collecter les commandes indépendamment du canal utilisé par le client, il s’agit surtout d’exécuter ses commandes de n’importe quel site (boutique, entrepôt, etc.), en choisissant de l’expédier du point le plus proche du lieu de livraison afin de réduire l’empreinte carbone. De plus, la collecte de données sur l’ensemble des commandes comprenant les lieux d’exécution, le niveau de la demande et les mouvements de stock donne aux détaillants des informations précieuses pour éviter la surproduction. Les retailers disposent ainsi d’une plus grande flexibilité pour répondre à la demande, tout en augmentant leurs marges.

De la même manière, en se dotant d’une vision unifiée des stocks en temps réel, les retailers connaissent les quantités disponibles à la vente en temps réel. Dans le cas inverse, une visibilité partielle ou imparfaite risque d’entraîner des approvisionnements excessifs, des ventes supérieures aux quantités disponibles, des commandes annulées et, au final, davantage de démarques pour pouvoir écouler des stocks surdimensionnés.

3/ Emballer et expédier de façon responsable

Une vue globale et en temps réel de l’inventaire permet de savoir où se situent les articles. Avec l’aide d’une solution de gestion des commandes, il devient possible de faire en sorte que ces produits parcourent la distance la plus courte possible pour parvenir jusqu’au client. Le “Click & Collect”, qui s’est démocratisé avec la crise sanitaire, en est un bon exemple, adopté par de nombreux retailers désormais. De plus en plus populaire, cette méthode permet d’éviter aux commerçants d’envoyer les produits aux clients, afin qu’ils viennent eux-mêmes les récupérer en magasin, évitant ainsi l’impact carbone lié à l’acheminement du colis.

Proposer des “créneaux de livraison éco-responsables” est une autre option que de plus en plus de retailers offrent à leurs clients. John Lewis et le supermarché Sainsburys au Royaume-Uni permettent par exemple aux clients de réserver un “créneau de livraison éco-responsable” en indiquant aux clients à quel moment une camionnette prévoit déjà de se rendre à proximité de leur domicile. Cela permet ainsi de regrouper les livraisons au lieu d’avoir à effectuer plusieurs voyages distincts.

Enfin, il est temps d’examiner les emballages. Sont-ils composés de matériaux recyclables ? Leur taille est-elle adaptée ? Quelle quantité de déchets vont-ils engendrer ? Peuvent-ils être recyclés ? Adore Beauty, un acteur de la cosmétique australien a revu son processus d’emballage en 2017 en changeant à la fois le matériau d’emballage (pour une option tote bag plus durable) et la taille de ses boîtes. Au final, l’entreprise a pu économiser plus de 100 000 dollars par an.

4/ Réduire les retours

Les retailers peuvent également améliorer la façon dont ils décrivent leurs produits vendus en ligne afin de limiter la probabilité de retours, qui sont coûteux, réduisent leurs marges, mais ont également un impact environnemental considérable. Proposer des photos de qualité, indiquer clairement les dimensions complètes, décrire précisément le produit, sont autant de détails auxquels il convient d’être attentif pour limiter les retours. 

5/ Recycler

Des enseignes telles qu’Ikea acceptent les retours marchandises et les revendent ensuite à prix réduit pour éviter d’envoyer les produits à la décharge. H&M permet aux clients de rapporter leurs anciens vêtements afin que le tissu puisse être recyclé. Par ailleurs, de plus en plus de marques se positionnent sur la location de vêtements et d’accessoires pour réduire leur impact environnemental. C’est par exemple le cas de la marque Maje qui vient d’annoncer le lancement de ce service pour le mois de juin. De nombreuses initiatives encouragent le recyclage.

En France – et en Europe – il existe également de nombreux labels et certifications à disposition des entreprises – en particulier sur le secteur textile – qui peuvent éclairer le consommateur et attestent de la démarche écoresponsable et des valeurs d’une enseigne, que ce soit par exemple les normes ISO ou la certification Ecolabel. Une fois l’accréditation obtenue, l’enseigne dispose d’un atout supplémentaire pour faire valoir sa démarche et se distinguer sur le marché.

6/ Toujours trop ? Alors donnez !

Enfin, si vous avez essayé toutes les options pour réduire une offre excédentaire – mais qu’il vous reste du stock, faites un don ! De nombreuses associations aident les entreprises à récolter les marchandises excédentaires et les remettre à des organisations caritatives au lieu de les détruire. Au regard de la période que nous venons de traverser, c’est un geste important et qui sera par ailleurs apprécié par les clients.

S’assurer que les bons produits sont fabriqués dans les bonnes quantités, au bon moment et qu’ils sont livrés rapidement aux clients est un défi complexe et permanent pour les retailers. Au lieu de se concentrer sur une production accrue pour répondre à la demande, les retailers doivent réfléchir aux meilleurs moyens de redistribuer ces marchandises et de produire des quantités plus précises. La technologie peut les aider à visualiser les produits à leur disposition, l’endroit où ils se trouvent, et ajuster avec plus de précision la quantité qu’ils doivent produire à l’avenir. Autant d’outils désormais indispensables pour permettre aux retailers de répondre aux attentes des clients qui veulent leurs produits le plus rapidement possible, tout en réduisant leurs déchets et préservant leurs marges afin de rester compétitifs.

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