Blockchain : Société Générale émet un produit structuré sur Tezos

[Article mis à jour le 15 avril 2021 à 15h08] Société Générale remet le couvert de la blockchain. La banque française annonce avoir émis un produit structuré sous la forme de security token (des titres financiers tokenisés). L’opération, menée par sa filiale Forge, a été réalisée sur la blockchain publique Tezos. Les titres ont été entièrement souscrits par Société Générale Assurances. “Cette nouvelle expérimentation, conforme aux meilleurs standards de marchés, démontre la faisabilité juridique, réglementaire et opérationnelle d’émissions d’instruments financiers complexes (produits structurés) sur blockchain publique”, indique la banque dans un communiqué. Passer par une blockchain permet notamment d’automatiser des opérations sur titres, accélérer le transfert et le règlement des titres, réduire les coûts et le nombre d’intermédiaires. Ce n’est pas la première fois que Société Générale effectue des opérations sur la blockchain. Elle a réalisé une première émission obligataire de 100 millions d’euros sur la blockchain Ethereum en euros en avril 2019 et une seconde de 40 millions d’euros, réglée en Monnaie digitale de banque centrale (MDBC), émise par la Banque de France en mai 2020. Sa filiale Forge compte offrir d’ici 2022 aux clients professionnels du groupe “des services de structuration, d’émission, d’échange et de conservation de cryptoactifs.”

crypto-monnaie. N’importe qui peut accéder à cette blockchain (elle est publique, donc ouverte à tous) et donc utiliser des bitcoins. Pour ce faire, il suffit de créer un portefeuille virtuel, téléchargeable sur les stores d’applications. La crypto-monnaie permet d’acheter des biens et services et peut être échangée contre d’autres devises.

Certaines plateformes proposent la conversion de dollars, euros ou yuans en bitcoins. C’est le cas de Paymium, une entreprise française qui permet d’échanger des bitcoins contre des euros. Le bitcoin a un cours très volatile. Il peut augmenter ou diminuer de 20% en seulement deux jours. Cette volatilité est liée à la forte spéculation autour de cette monnaie et à l’absence d’une autorité régulatrice. Début décembre 2017, le cours du bitcoin a dépassé pour la première fois les 15 000 dollars. Il a augmenté de plus 1000% sur l’année 2017. Face à cette envolée, l’Autorité des marchés financiers  (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont mis en garde les investisseurs sur les risques liés à l’achats de bitcoins. “Cette valorisation peut aussi bien s’effondrer de la même manière. L’achat/vente et l’investissement en bitcoin s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction à la baisse et ne bénéficient d’aucune garantie ni protection du capital investi”, indique les deux régulateurs dans un communiqué. Ces derniers seraient de plus en plus sollicités par des épargnants à ce sujet. via leurs centres d’appels. Au Japon, le bitcoin  a été reconnu comme moyen de paiement légal le 1er avril 2017. La capitalisation de la première crypto-monnaie a atteint 191 milliards de dollars en novembre 2017.

Ethereum est devenue aussi populaire que le bitcoin. Créée en 2014, Ethereum utilise aussi sa propre crypto-monnaie : l’ether. Son cours est moins élevé (environ 700 dollars début mars 2018) que celui du bitcoin mais sa capitalisation a atteint 66 milliards de dollars en mars 2018.

Début mars 2018, le cours du bitcoin est repassé sous la barre des 10 000 dollars. © Capture d’écran JDN

Contrairement au bitcoin, qui permet seulement d’effectuer des transactions simples (principalement des paiements), l’Ethereum va plus loin. Il permet de faire tourner des “smart contract”, des programmes autonomes qui exécutent automatiquement des actions validées au préalable par les parties prenantes. L’Ethereum et ces contrats intelligents intéressent les acteurs de la banque et assurance mais aussi les professions juridiques. Ces acteurs pourront à l’avenir certifier des transferts de propriété de manière plus sécurisée ou encore verser automatiquement des indemnités. Axa a été le premier assureur à sortir une assurance basée sur la blockchain. En septembre 2017, il a lancé une assurance automatisée pour les retards de vol d’avion.  Basée sur la blockchain Ethereum, cette assurance est en fait un “smart contract”, un contrat intelligent qui déclenche un remboursement automatique une fois que le retard a été constaté.  Cette offre baptisée Fizzy a été développée avec la start-up Utocat, qui édite  une plateforme pour accélérer la conception de prototypes blockchain.

Côté banques, de nombreuses projets sont en cours.  Par exemple, UBS et IBM  ont lancé une initiative qui vise à concevoir une plateforme de trade finance basée sur la blockchain. Baptisée Batavia, cette technologie permettrait aux banques et à leurs clients d’automatiser ce processus qui est encore très manuel et réalisée sur du papier. Concrètement, Batavia permettra de traquer une transaction du départ de la marchandise jusqu’à son arrivée au port de destination. Un pilote devrait voir le jour au premier trimestre 2018.  Autre exemple : le Crédit Agricole expérimente la blockchain pour les transferts d’argent de leurs clients transfrontaliers, via le protocole Ripple. Les clients concernés pourront transférer leur salaire en francs suisses vers leur compte bancaire français en quelques minutes au lieu de trois jours actuellement. Cette opération pourra être effectuée via une application mobile. La blockchain permettra également de régler des transactions en temps réel, d’avoir une “plus grande transparence du taux de change appliqué à l’opération et la réduction des coûts structurels”, selon un communiqué de la banque. Le test durera six mois avant de se généraliser sur l’ensemble du territoire français. 

D’autres industries expérimentent  la blockchain, comme Boeing. Le constructeur américain a déposé une demande de brevet pour un système basé sur la blockchain qui permettrait de renforcer les systèmes GPS des avions. La demande publiée le 14 décembre dernier par l’Office américain des brevets mentionne un “système GPS embarqué de secours et anti-spoofing (usurpation de localisation GPS)” qui pourrait être utilisé en cas de dysfonctionnement du système principal d’un avion.  

L 223-12 du code monétaire et financier qui vient définir la blockchain comme un “dispositif d’enregistrement électronique partagé permettant l’authentification d’opérations sur titres spécifiques, destinés à être échangés sur les plateformes de financement participatif : les minibons”.  

Le conseil des ministres a adopté début décembre 2017 une ordonnance permettant le transfert de propriété de certains titres financiers via la blockchain. C’est une première en Europe. “L’utilisation de cette technologie permettra aux fintech et aux autres acteurs financiers d’offrir de nouvelles solutions pour les échanges de titres, des solutions plus rapides, moins chères, plus transparentes et plus sûres”, s’est réjouit le ministre de l’Economie et des finances, Bruno Le Maire. 

De son côté, l’Union européenne a lancé un observatoire et un forum dédiés à la blockchain en partenariat avec le start-up studio ConsenSys, créé en 2014 par le cofondateur d’Ethereum, Joseph Lubin. “Je vois la blockchain comme un changement important et je souhaite que l’Europe soit à la pointe de son développement. Nous devons mettre en place un environnement favorable – un marché unique numérique pour la blockchain afin que tous les citoyens puissent en bénéficier, au lieu d’une mosaïque d’initiatives. L’Observatoire et le Forum de la Blockchain de l’UE est un pas important dans cette direction.”, a déclaré Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Economie et à la Société numérique.  La Commission européenne financera également des projets blockchain à hauteur de 340 millions d’euros jusqu’en 2020.

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