Le cloud, clé de voûte de la transformation des entreprises

L’accélération de la montée dans le cloud est indéniable. Déjà engagées dans une vaste transformation numérique de leur modèle, les entreprises ont, avec la crise sanitaire, massivement recours aux technologies cloud pour organiser le télétravail, maintenir le lien avec leurs clients et gagner en résilience. Selon Gartner, les dépenses mondiales de services de cloud public devraient augmenter de 18,4% cette année, pour atteindre un total de 304,9 milliards de dollars. La part du budget informatique consacré au cloud devrait, elle, passer de 9,1% en 2020 à 14,2% en 2024*.

Montée progressive dans le cloud

Cette tendance de fond ne doit toutefois pas occulter la réalité du terrain. Loin des messages du marché, le paysage ne se réduit pas à une hybridation des plateformes, entre cloud public et cloud privé. Les entreprises que nous accompagnons évoluent encore majoritairement dans nos environnements on-premise.

Les organisations ne s’affranchiront pas de cet existant en quelques années. Dans la phase de transition, elles doivent développer une vision holistique de leur patrimoine applicatif et technologique et gérer l’orchestration de leurs processus dans des environnements qui se sont largement complexifiés.

Par ailleurs, toutes les applications n’ont pas vocation à migrer dans le cloud pour des raisons de criticité, de sécurité ou de coûts. Il s’agit donc, dans cette phase transitoire, de tirer le meilleur des deux mondes. Le cloud public apporte la scalabilité et l’évolutivité de ses infrastructures. De son côté, un environnement on-premise ou un cloud privé permet de garder la maîtrise de ses applications et de ses données sensibles.

Apparu il y a quinze ans sous la poussée du cybermarchand Amazon qui souhaitait rentabiliser ses infrastructures, le cloud computing n’entre finalement que dans sa phase d’adolescence. Pour être pertinent, le modèle du cloud doit être géré dans sa dimension technique mais aussi financière, dans une approche FinOps.

Le marché bute encore sur le manque de maturité des plateformes et la raréfaction des ressources IT. Si le marché de l’emploi informatique est pénurique dans son ensemble, les difficultés de recrutement sont encore accrues pour les experts du cloud. 

De l’optimisation financière à la création de valeur

Comme toute courbe d’apprentissage, le marché suit différents stades d’appropriation. Initialement, le passage au cloud répondait à une volonté d’optimisation financière en passant des dépenses CapEx en OpEx. En externalisant son infrastructure ou en souscrivant à un abonnement, une organisation table sur une baisse de sa structure de coûts.

Dans un deuxième temps, les entreprises ont capitalisé sur les gains de performances apportés par le cloud en termes d’agilité ou de scalabilité. Aujourd’hui, les considérations sont résolument business. Le cloud permet de réduire les délais de mise en production (time to market) en faisant appel à des architectures distribuées et à la logique de déploiement et d’intégration en continu (CI/CD).

Les entreprises vont surtout chercher de la valeur dans les services innovants proposés par les hyperscalers dans le domaine de l’internet des objets (IoT) ou de l’intelligence artificielle.

Pas besoin de réinventer la roue, il suffit de piocher parmi les briques prêtes à l’emploi ou de suivre les scenarii métiers proposés par les cloud providers. Avec l’approche multicloud, elles sélectionnent, provider par provider, les services les plus compétitifs et/ou les plus innovants à un moment donné.

Le cloud devient un formidable accélérateur de business en rendant accessible l’innovation aux grandes entreprises comme aux PME. Il dépasse les seules considérations techniques et économiques et l’entreprise doit se doter d’une vision stratégique du phénomène afin d’appréhender toutes ses dimensions.

Changement de paradigme pour les ESN

Nos clients ne sont pas les seuls à faire leur révolution, les ESN font également évoluer leur modèle pour accompagner le mouvement de l’ancien monde au nouveau. Avec la montée en force du cloud, les demandes du marché se portent sur d’autres prestations que les traditionnels services d’infogérance ou de tierce maintenance applicative.

On attendra d’une ESN la capacité d’agréger un grand nombre de savoir-faire pour appréhender des architectures à la complexité grandissante avec l’hybridation des modèles. Un projet cloud exige notamment de s’entourer de profils d’architectes, d’experts cyber ou de spécialistes DevOps et FinOps.

Un prestataire de services doit également développer une connaissance intime des grandes plateformes de cloud, portées par Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud, en nouant des partenariats avec ces géants du numérique et en anticipant les évolutions dessinées dans leurs feuilles de route R&D.

Par ailleurs, la généralisation de l’approche “as a service” brouille les frontières entre le monde du logiciel et celui des services. Là encore, il s’agit pour l’ESN de nouer de nouvelles relations avec les grands éditeurs à travers des partenariats forts et des programmes de certification. 

En 2021, nous ne sommes encore qu’aux prémices de la véritable transformation cloud. Pour tirer tout le potentiel de cette révolution, les entreprises et leurs partenaires devront mener de front tous ces chantiers. Les technologies cloud soutiennent les fondations de l’entreprise de demain : agile, résiliente et capable de faire rapidement pivoter son modèle en fonction des opportunités du marché ou des situations de crise.

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