Les marchés financiers : entre révolution et mutation des usages

Sans nul doute les deux dernières années ont marqué un tournant historique quant à l’intérêt des particuliers pour la bourse, un fait que l’on observe tout particulièrement en France. À titre d’exemple, la Bourse de Paris compte près de 800 000 investisseurs actifs, un nombre atteint en deux ans, selon l’Autorité des marchés financiers. Une présence décuplée qui s’explique notamment par la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) fin 2019, un événement qui a attiré plus de 500 000 personnes.

Plus largement, le monde de l’investissement doit faire face à la démocratisation des usages qui rend les marchés financiers plus accessibles. Les particuliers sont alors plus enclins à se prêter aux jeux de l’investissement. Une évolution des pratiques marquée par des événements ponctuels que l’Histoire retiendra, c’est notamment le cas de GameStop, qui illustre parfaitement l’impact que peuvent avoir des particuliers face aux grands hedge funds américains. Les récents événements traduisent une mutation forcée des marchés financiers qui doivent alors s’adapter aux changements sociétaux. La bourse deviendrait-elle l’affaire de tous ?

Wall Street et Joe Biden : l’Histoire retiendra les 100 premiers jours.

Les marchés financiers sont bien connus pour leur volatilité et ces variations peuvent être expliquées par des événements ponctuels qui viennent réguler à la hausse ou à la baisse les prix des actifs. Parmi ces événements marquants qui ont le pouvoir de faire la pluie et le beau temps sur les places boursières, la présidence de Joe Biden est un exemple particulier à analyser. La croissance sans précédent des cours boursiers observés à Wall Street est ainsi la conséquence directe, ou en partie, de l’investiture du 46 eme président américain. Ce rebond euphorique porte déjà un nom, les traders de la place new-yorkaise l’ont baptisé le Biden Bounce. Aucun chef d’état américain n’aura eu autant d’impact sur la bourse depuis les années 1950 avec l’administration Eisenhower. Pour autant rien était gagné d’avance. Wall Street oscillait entre méfiance et confiance les jours qui ont précédés l’élection de Biden, dû au fait que les présidents démocrates ont tendance à adopter des politiques plus défavorables aux entreprises, telles que des augmentations d’impôts et des réglementations qui peuvent peser sur la rentabilité des entreprises.

Un seul Homme peut-il alors être responsable de la croissance du cours boursier ? Pas entièrement, Wall Street ne célèbre pas uniquement la victoire du camp démocrate mais bien le retour d’une ère moins explosive et moins occultée par la personnalité propre du président américain. De plus, les conditions favorables de Wall Street peuvent s’expliquer par le fait que le début du mandat de Joe Biden se déroule dans un contexte de cohabitation entre une politique démocrate et républicaine, limitant ainsi la marge de manœuvre du nouveau président pour faire appliquer des changements fiscaux. À plus court terme, la hausse de Wall Street s’explique également par le fait que la banque centrale de l’État fédéral prévoit un nouveau plan de relance, à coup de centaines de milliards de dollars injectés dans l’économie. Si Wall Street démarre l’année 2021 en fanfare, le CAC 40 lui s’illustre également par un pic record, la Bourse de Paris n’est ainsi plus très loin de son record de 2007, portée par l’industrie du luxe qui lui permet de réaliser l’une des meilleures performances dans le monde en ce début d’année.

Les particuliers en bourse : une nouvelle génération qui redistribue les cartes.

Selon une récente étude menée par l’Autorité des marché financiers (AMF), la crise sanitaire n’a pas freiné l’engouement des français et des particuliers pour la bourse. Entre fin février et début avril 2020, l’AMF indique que 580 000 particuliers ont acheté des actions du SBF 120 dont 150 000 sont des nouveaux venus en Bourse. Poussés par la facilité d’investir ou par l’épargne record des français entre 2020 et 2021, la Banque de France estime à 200 milliards d’euros le surcroît d’épargne dans l’Hexagone sur cette période, ces nouveaux investisseurs représentent à eux seuls 20 % des montants investis en actions. La bourse française fait donc face à l’émergence d’une nouvelle génération de boursicoteurs qui ont jusqu’alors montré un désintérêt pour cette dernière. Une plus jeune génération motivée par des valeurs plus engagées, l’AMF indique notamment qu’ils ont entre 10 et 15 ans de moins en moyenne que les investisseurs habituels.

De nouveaux investisseurs plus jeunes qui sont animés par des codes, des valeurs et des intérêts qui diffèrent, aujourd’hui ce sont les crypto-monnaies, les énergies renouvelables ou encore le digital qui intéressent ces néo-investisseurs. L’investissement en bourse change à grande vitesse et le recours aux plateformes de trading en ligne joue un rôle crucial dans cette tempête boursière. Ces nouvelles plateformes d’investissements en ligne sont digitales natives, intuitives et offrent la possibilité aux particuliers d’investir de plus petites sommes à moindre frais. Ces acteurs dernière génération participent ainsi à une révolution boursière des usages qui attirent de plus en plus de particuliers, prêts à s’immiscer dans un monde, jusqu’alors, réservé aux professionnels de la finance.

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