Migrations cloud, modernisation applicative : viser le “quick win”

D’après le cabinet IDC, l’adoption du cloud par les entreprises françaises s’est accélérée en 2020 et la tendance se poursuit encore plus fort en 2021. La migration du patrimoine applicatif sur le cloud s’accélère donc, avec 17% d’entreprises qui déclarent avoir adopté une démarche de numérisation intensive, tandis que 51% estiment plutôt perpétuer une approche d’innovation continue.

La défiance des entreprises françaises pour l’informatique en nuages s’estompe tandis qu’il devient urgent de tirer les bénéfices d’une informatique plus fluide pour répondre aux enjeux que les directions des systèmes d’information rencontrent : la part des réfractaires est ainsi passée de 30% en 2019 à seulement 20% en 2021.

Les objectifs affichés consistent à mettre en place une DSI plus performante (53%), à favoriser le rapprochement de la DSI et des métiers (45%), et à moderniser l’infrastructure (44%).

Faire évoluer le patrimoine applicatif

Côté applications, le niveau d’exigence des DSI a eu tendance à monter. Le mouvement du datacenter vers le cloud public étant devenu le barycentre des investissements, la modernisation applicative gagne encore en priorité. La volonté affichée est désormais de faire évoluer le patrimoine applicatif, non seulement par une modernisation de l’existant, mais aussi par le développement de nouveaux logiciels le tout en privilégiant un fonctionnement harmonieux des différentes générations applicatives.

Certains systèmes sont en effet utilisés depuis des décennies pour répondre aux besoins critiques des entreprises. Ils constituent le cœur de leur activité et sont le plus souvent hébergés sur site, dans les datacenters des entreprises. Les maintenir en fonctionnement peut parfois s’avérer un défi en soi, non seulement parce que les personnes qui les ont mises en place et développées ont depuis longtemps quitté l’entreprise, mais aussi parce qu’ils utilisent des technologies tombées en désuétude, ce qui rend complexe le seul fait de continuer à les maintenir en fonctionnement, et a fortiori le fait de les faire communiquer avec d’autres systèmes pour favoriser l’innovation. À cela s’ajoutent les problèmes de sécurité potentiels, le plus souvent liés à des vulnérabilités ou des problématiques de gestion des identités et des accès, à plus forte raison dans les environnements connectés.

Pour ces applicatifs, le “capacity-planning” est également un sujet de préoccupation, les systèmes sur site n’ayant pas l’élasticité requise pour les pics de demande.

Les logiciels anciens requièrent aussi des environnements spécifiques, qui rendent pesants leur mise en œuvre et leur maintenance sur de nouveaux territoires géographiques. L’agilité n’est pas au rendez-vous et le provisioning à la demande permis par les infrastructures virtualisées n’est qu’une lointaine possibilité.

Il peut souvent s’avérer risqué et coûteux de chercher à remplacer un système fonctionnel par un plus récent, dont il faut encore éprouver la robustesse.

Lorsqu’il n’est pas possible de remplacer une application par un équivalent disponible en mode SaaS, quand la “sanctuarisation” sur site ne correspond pas aux besoins de l’entreprise, trois options sont possibles pour en conserver les bénéfices : la migration de type “lift and shift” pour les environnements du cloud privé qui s’y prêtent, la modernisation (replatform / refactor) et la création d’une application cloud-native (refonte complète).

Le plus souvent les deux premières options suffiront à répondre aux besoins d’une première étape de “cloudification”.

Mais il n’existe pas de réponse toute faite. Les approches à adopter en matière de modernisation applicative sont aussi variées que les entreprises, leurs métiers et leurs besoins. Si les méthodologies de migration doivent s’adapter à chaque cas particulier, la conteneurisation via Kubernetes est par exemple l’une des voies souvent utilisées pour les environnements développés au sein d’un pipeline de Continuous Integration/Continuous Delivery (CI/CD).

L’approche raisonnée : viser le “quick win”

En matière de modernisation, l’approche la plus prudente consiste à découper de petites parties du système et à les déplacer vers de nouvelles plateformes, sachant que le processus de migration se déroule en trois phases distinctes : découverte et planification,  migration à proprement parler des applications, vérification (tests) et exploitation.

La première phase du processus de migration consiste à analyser le portefeuille applicatif de l’entreprise pour bien le comprendre. Une attention particulière doit être prêtée aux dépendances des logiciels avec d’autres systèmes / applications. Certains systèmes informatiques peuvent s’avérer extrêmement rigides au point que la suppression d’un composant peut entraîner une panne ailleurs, dans des parties inattendues du système.

Une bonne pratique consiste donc à identifier les composants les plus faciles à migrer, qui présentent le moins de risque. Pour simplifier, repérer et mener la tâche de migration la plus facile et la plus susceptible de générer rapidement des bénéfices est sans doute une bonne approche.

Cette démarche a deux avantages principaux

D’une part, elle permet de se familiariser avec la complexité des opérations de modernisation, en tirer les premiers retours d’expérience, mettre au clair les procédures de migration.

D’autre part, elle peut s’inscrire dans des mécanismes de gestion de projets très maîtrisés. Il est ainsi possible de faire appel à un prestataire qui sera en mesure de cadrer le temps homme requis pour la modernisation, d’identifier les développeurs (or ces derniers représentent une ressource rare et très demandée) les plus à même de mener le projet en fonction des besoins. Le projet est ainsi délimité dans le scope et dans le temps pour des bénéfices bien identifiés.

En matière de modernisation applicative dans le cloud, la pratique démontre que l’approche la plus efficace repose sur une planification attentive, suivie d’une transition progressive vers le cloud, idéalement avec un accompagnement adapté au résultat recherché (montée en charge, basse latence etc, portabilité). Chaque système est différent et le processus de migration doit donc être adapté aux spécificités de l’organisation qui dépendent autant de besoins et de contraintes qui leurs sont propres.

Au-delà de la migration en elle-même, un dernier point à garder en tête est l’avènement rapide du multi cloud. Tous les choix effectués aujourd’hui doivent être réalisés dans l’idée de pérenniser l’applicatif modernisé dans des environnements variés, en vue de conserver la maîtrise du code, des données et des coûts.

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