Poparazzi, l’appli qui interdit les selfies… et cartonne aux Etats-Unis

Numéro 1 de l’AppStore, le jour de son lancement. C’est la prouesse (de plus en plus rare) réalisée par l’application Poparazzi aux Etats-Unis. L’application trône tout en haut du store d’Apple depuis le 24 mai. Comment ? Simplement en prenant le contrepied d’Instagram, de ses poses élaborées et de ses photos toutes plus retouchées les unes que les autres. “Laissez vos selfies à l’entrée”, préviennent Alex et Austen Ma, les fondateurs de Poparazzi dans un post Medium. Les deux frères tout juste diplômés de UCLA entendent renouer avec une authenticité qui s’est évaporée des réseaux sociaux à coup de filtres photos. “Sur Poparazzi, ce sont vos amis qui construisent votre profil. Et à l’inverse, c’est vous qui nourrissez le leur en rajoutant des photos”, expliquent-ils.

Les seules photos qu’un utilisateur peut ajouter sont celles de ses amis. Il y est tout simplement impossible d’activer la caméra frontale de son smartphone pour prendre un selfie. Pas plus qu’il n’est possible de retravailler sa prise de vue, une fois celle-ci effectuée. Ou d’afficher le nombre de contacts. Pas fou, les fondateurs permettent évidemment à un utilisateur de retirer une photo qui lui déplait. Ou de rendre son compte privé, de façon à ce que seuls ses amis puissent ajouter des photos de lui. D’autres “vanity metrics” inhérents au monde des réseaux sociaux, comme le nombre de like ou de vues, sont également présents.

A gauche, le flux de découverte. A droite, un profil utilisateur. © Capture d’écran Poparazzi

Le profil de chaque utilisateur est divisé en deux espaces : les photos qui ont été prises de lui et celles qu’il a prise des autres. Ses paparazzis les plus actifs, sous-entendu ses amis qui ont pris le plus de photos de lui, sont également mentionnés en haut de profil. Chaque compte se voit attribuer un “pop score”, en fonction du nombre de photos qu’il a prises. “Nous perdons une énergie folle à éditer nos photos et écrire des légendes spirituelles pour donner la meilleure image possible. Le résultat : une course effrénée à l’attention dont personne ne sort vainqueur”, déplorent les fondateurs. Le discours n’est pas complètement nouveau. Les plus anciens se rappellent peut-être de Beme, un réseau social lancé en 2015 par le Youtubeur américain Casey Neistat. Les utilisateurs pouvaient y partager de courtes vidéos en plaçant leur smartphone sur la poitrine (pas de mode selfie donc). Ces dernières disparaissaient du smartphone du destinataire à peine visionnées, comme sur Snap donc. Beme avait été racheté par CNN pour 25 millions de dollars en 2017 mais s’était éteint peu de temps après, faute de réelle stratégie du géant américain de l’audiovisuel.

Poparazzi a atteint les 2 000 téléchargements par seconde et les 100 000 photos partagées le jour de son lancement. Et ce n’est pas une surprise si l’on se réfère au succès d’une autre application qui prône, elle aussi, les contenus naturels et décalés : TikTok. Les deux applications semblent d’ailleurs partager la même audience : essentiellement des membres de la génération Z, âgés entre 15 et 25 ans, si l’on s’en réfère aux flux de photos mises en avant dans la partie “Découverte” de Poparazzi.

Alex and Austen Ma auraient déjà levé 2 millions de dollars auprès, entre autres, du fonds Floodgate selon Business Insider. Les deux frères n’en sont pas à leur coup d’essai, déjà à l’origine de nombreuses autres applications sociales au succès moins évident : le réseau social audio TTYL, le service de messagerie vidéo Typo et une version de Clubhouse pour les étudiants. Poparazzi est, contrairement à Clubhouse, accessible à tous. Pas d’invitation. Priorité est, en revanche, encore une fois donnée aux utilisateurs d’iPhone. Pas de version Android avant quelques semaines, annoncent les fondateurs.

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