Robotisation, digitalisation, numérique : quel est l’avenir de nos emplois dans 50 ans ? Comment faire d’une menace une opportunité ?

A l’époque de nos arrières grands-parents et nos grands-parents, nous exercions le même métier toute au long de notre vie (ou presque). Et s’il n’était déjà pas coutume de changer d’emploi, qu’une femme travaille l’était encore moins. Mais, au fil des années, et la révolution industrielle aidant, les choses ont évolué… les mentalités aussi. Le marché du travail et la société elle-même se sont peu à peu transformés pour laisser place à une vision plus moderne et égalitaire du monde du travail. Dans les années 70/80, les ordinateurs ont fait leur entrée et ont bouleversé à la fois la vie quotidienne et la vie professionnelle, à cette époque nous redoutions déjà que ces machines remplacent les salariés ! Au début des années 2000 internet est apparu, prémices d’un nouveau virage. Et aujourd’hui, nous connaissons la révolution numérique !

Au départ, et encore maintenant (notamment avec l’Intelligence Artificielle) beaucoup ont pensé que l’automatisation des process, l’émergence des robots, la mécanisation dans les entreprises, etc. allaient remplacer en totalité le travail des Hommes et/ou leur faire perdre leur emploi. Les années ont prouvé qu’au contraire, les nouvelles technologies permettent une évolution. L’automatisation, les technologies numériques comme l’intelligence artificielle ont considérablement révolutionné le travail des salariés, et ce, quel que soit l’industrie (automobile, BTP, etc…).  Tous les secteurs sont impactés et la crise de la Covid-19 a amplifié le phénomène et a accéléré leur digitalisation ! Mais alors, la digitalisation de nos emplois est-elle une véritable opportunité ?

Il a été prouvé que les nouvelles technologies telles que l’automatisation et l’intelligence artificielle sont à l’origine de création d’emplois. D’ici 2025, l’automatisation aura créé 12 millions de nouveaux emplois[1]. Selon un rapport récent[2] les « machines » passeront autant de temps à effectuer des tâches professionnelles que les collaborateurs « humains » d’ici 2025.  En effet, les nouvelles technologies numériques automatisent les tâches d’exécution répétitives et fastidieuses dites « monotones », mais pas les emplois, permettant ainsi aux collaborateurs de se former, d’évoluer, d’avoir un enrichissement de leur parcours professionnel et de se concentrer sur des tâches à plus fortes valeur ajoutée.

La crise inédite de la Covid-19 a été un véritable accélérateur de la digitalisation : en effet, 70 % des entreprises ont accélérées leur projet d’automatisation et d’IA nécessaire pour répondre aux enjeux de leur secteur mais aussi être en adéquation avec l’évolution du marché du travail[3].

En France, la part des emplois à haut risque d’automatisation s’élève à près de 16 %, contre 14 % en moyenne dans l’OCDE. Ce chiffre est supérieur à celui du Royaume-Uni (12 %) et de la Finlande (7 %), mais nettement inférieur à celui de certaines régions d’Europe du Sud comme la Grèce (23 %).

Outre cette différence entre pays européen, il existe également un net clivage entre les régions urbaines et rurales de France.  Par exemple, la région Île-de-France, qui comprend Paris, donc plus urbaine est beaucoup moins menacée par l’automatisation des emplois que la région Champagne-Ardenne, largement plus agricole[4]. Si des disparités, en fonction des secteurs mais aussi entre villes et milieux ruraux persistent[4], la transformation numérique offre un dynamisme sur le marché de l’emploi et fait émerger de nouveaux postes.

Prenons l’exemple d’une entreprise : Factory OS (client d’Autodesk basé en Californie) construit grâce à l’IA des logements multifamiliaux selon un modèle de construction industrialisé, c’est-à-dire en construisant des logements modulaires sur une chaîne de production industrielle. Cette technique permet de proposer des volumes importants grâce à de nombreuses actions qui étaient initialement réalisées par l’homme et qui aujourd’hui sont automatisées. Ainsi, la cadence de fabrication est plus rapide et la production plus volumineuse ce qui contribue également à résoudre la crise du logement.

La montée en compétences des collaborateurs est peut-être la plus grande conséquence de cette digitalisation. La moitié des équipes devront se renouveler d’ici 2025. La formation tout au long de la carrière professionnelle est aujourd’hui plus importante que jamais pour évoluer dans un monde du travail qui est en perpétuel changement. Dans 10 ans, 40 % à 60 % des offres d’emploi concerneront des métiers qui n’existent pas encore[5]. Les jeunes générations sont préparées pour le marché du travail de demain : 65% des enfants d’aujourd’hui auront un métier qui n’existe pas encore[1].

Ce phénomène s’est d’autant plus accéléré pendant la pandémie de la COVID-19. Les équipes ont dû s’adapter à un nouveau mode de travail : celui du télétravail. Une pratique qui pour beaucoup est aujourd’hui devenu la norme, alors qu’il y a encore plus d’un an, la grande majorité des équipes travaillaient au sein-même des entreprises. La crise sanitaire a démontré que, pour certaines activités, le travail à distance pouvait tout à fait s’effectuer sans perdre en efficacité de travail. En effet, grâce au cloud, la gestion de projets à distance n’est plus du tout impossible, au contraire, les nouvelles technologies offrent la possibilité de pouvoir interagir, collaborer en équipe et à distance sans devoir être continuellement sur place, ensemble et au même moment.

Les entreprises doivent aussi s’adapter et mettre en place des outils, des formations pour que leurs équipes montent en compétences sur les enjeux du numérique. Reprenons l’exemple de Factory OS qui a enseigné de nouvelles compétences à 60 % de sa main-d’œuvre qui n’était pas issue de la construction et a créé de nouveaux types d’emplois à l’intersection de la fabrication et de la construction.

Aujourd’hui, il ne faut plus avoir peur de la digitalisation/robotisation du monde du travail, en revanche il faut avoir le soutien des entreprises et des pouvoirs publics pour avoir des politiques de formations pertinentes et adaptées. Il est essentiel de s’appuyer sur les compétences déjà acquises des équipes pour en acquérir de nouvelles et s’adapter à une évolution des métiers, en fonction des postes et des secteurs d’activité. Si un ouvrier a réalisé pendant des années manuellement certaines tâches, il faut pouvoir lui offrir la possibilité de se former à la réalisation assistée par un outil digital pour construire. Pour créer cette opportunité, il faut un effort coordonné entre pouvoirs publics, organisations, centres de formations et les collaborateurs eux-mêmes pour améliorer et permettre une montée des compétences en fonction des exigences d’un marché du travail en évolution rapide.

[1]- These Are the Top 10 Job Skills of Tomorrow—and How Long It Takes to Learn Them, World Economic Forum, octobre 2020
[2]- Rapport “Future of Jobs 2020” du Forum économique mondial
[3]- Etude Mckinsey “What 800 executives envision for the postpandemic workforce”
[4]- Rapport « Future Work » de la RSA et de la fondation Autodesk
[5]- Reskilling, Upskilling, and Workplace Learning for Industry 4.0, CGS, septembre 2020

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