Marchands, cinq bonnes pratiques pour optimiser vos emballages

Sans surprise, l’envol du e-commerce pendant la crise sanitaire s’est accompagné d’un bond de la demande pour les emballages. Précisément, d’après le cabinet d’études Smithers, celle-ci s’est accélérée de deux à trois ans par rapport aux prévisions pré-Covid. En parallèle, dans le cadre du Pacte national sur les emballages plastiques, l’Etat vise 60% d’emballages réutilisables, recyclables ou compostables en 2022, et 100% en 2025. Le challenge est de taille… et pourrait s’avérer coûteux pour les commerçants.

“Soyons clairs, les emballages éco-responsables sont plus chers que les emballages standards”, admet Gaël de Chassey, directeur général de l’Agence française de l’emballage. “Mais le coût complet n’est pas aussi simple à déterminer car tout dépend de la quantité d’emballage utilisée.” Autre paramètre à prendre en compte : un article commandé en ligne engendre davantage de manipulations qu’en magasin. “En e-commerce, il faut compter une cinquantaine de manipulations du colis, entre l’envoi en centre de distribution e-commerce, puis en centre logistique et sans oublier le dernier kilomètre, détaille Armand Chaigne, directeur marketing et communication chez le spécialiste des solutions d’emballages DS Smith. Nous savons aussi que 23% des colis n’arrivent pas à destination la première fois.”

Avec toutes ces contraintes, comment les e-commerçants peuvent-ils repenser leurs solutions d’emballage sans se ruiner ? Voici quelques conseils. 

Trouver la bonne taille d’emballage

Fournir l’emballage idéal pour la taille du produit, tel est l’objectif de Raja pour ses 110 000 clients français parmi lesquels des acteurs du e-commerce. L’entreprise familiale créée en 1954 dispose de plus de 1 200 formats de boîtes et caisses en cartons. Le but de cette vaste gamme ? Mieux protéger le produit tout en réduisant le vide. “En plus d’être éco-responsable, cela permet de ne pas payer un grand carton ne contenant qu’un petit produit. C’est aussi un moyen de limiter le recours au calage”, explique Ulrick Parfum, directeur achats et marketing produits chez Raja. “Certes, l’emballage est un coût obligatoire pour les e-commerçants mais son choix doit être adapté car les coûts peuvent être importants en cas de relivraison ou de détérioration du produit pendant le transport”, ajoute Henri Serre, directeur commercial grands comptes chez Raja. Autre élément à avoir en tête : si le colis contient des marchandises très lourdes, il sera facturé sur son poids réel, s’il contient des marchandises légères, le poids facturé sera basé sur le “poids volumétrique”. “Là est le rôle de la rentabilité dans l’emballage, soutient Henri Serre. En fonction de la taille et du poids du colis, les économies peuvent être importantes.” 

Chez DS Smith, on préconise l’usage de quelques références d’emballages. “En moyenne, il y a 43% de vide dans les emballages e-commerce. Si vous commencez à avoir du volume, il faut réfléchir au nombre de références d’emballage dont vous avez besoin par rapport à vos produits pour éviter le vide”, recommande Armand Chaigne. Taille, hauteur, dimension, fragilité des produits, ces critères doivent permettre de faire son choix, quitte à préférer des emballages à hauteurs variables. 

Optimiser le calage pour réduire le vide

Une fois l’emballage choisi, vient le moment pour les préparateurs de commandes de disposer les produits dans le colis. Or, le calage est loin d’être une étape anodine. Chez Greenweez, le magasin bio en ligne, le calage est même l’un des sujets de prédilection. L’e-commerçant est l’un des rares à expédier des colis de douze produits en moyenne. En collaboration avec Raja, Greenweez a mis au point un système de calage spécifique en octobre dernier. Il s’agit d’une plaque de carton prédécoupée en accordéon pour créer différents compartiments. “Nous pouvons mettre des bouteilles à plat dans le carton sans qu’elles se touchent grâce aux compartiments mais comme les bouteilles sont de tailles différentes, nous avons ajouté des languettes à chaque niveau”, précise Thibault Rebattu, directeur général adjoint de Greenweez. A l’arrivée, les colis nécessitent moins de calage mais mobilisent du temps et requièrent une certaine ingénierie de la part des préparateurs de commandes. Alors que 40% des colis Greenweez sont à présent expédiés à partir de ce système de cale, le directeur général adjoint affirme que cette démarche éco-responsable n’est pas encore rentable. “Quand on lance un nouveau produit qui implique des nouvelles façons de fonctionner en logistique, ça nous coûte de l’argent. Ce n’est pas la matière qui coûte cher mais la technique d’emballage, le fait de caler produit par produit au lieu de tout mettre sous bulle. Il s’agit d’amélioration continue avant tout.” 

Le système de calage de Greenweez pour réduire le vide dans les colis. © Greenweez

Prévoir des emballages adaptés aux retours clients

Les retours clients sont l’un des fléaux du e-commerce, et bien sûr, cette situation n’est pas sans conséquence financière pour les marchands. Il y a deux ans, Raja a mis au point une gamme d’emballage “aller-retour”. “Nous avons développé une gamme avec double bande adhésive. La première est utilisée par l’e-commerçant pour envoyer le colis et la deuxième est destinée au renvoi du colis par le client”, indique Henri Serre. Le carton, réutilisable et 100% recyclable, est conçu pour le retour du produit et est capable de résister à deux cycles d’emballage.

Penser aux emballages rapides à monter pour gagner en productivité

Tous les e-commerçants ne disposent pas des volumes de Cdiscount nécessitant d’investir dans des machines dernier cri, telles que l’emballeuse 3D. Toutefois, pour gagner du temps lors de la préparation des commandes, et d’autant plus si votre activité e-commerce est essentiellement pure player ou si votre organisation comprend un pôle e-commerce, il est conseillé d’accélérer le process des emballages. “Les e-commerçants peuvent basculer vers les emballages faciles à monter tels que les préplis en hauteur ou en longueur. C’est un gain de temps et cela permet d’emballer plus de produits”, assure Armand Chaigne. Chez Raja, la caisse à montage instantané qui se monte 2,5 fois plus vite qu’une caisse standard répond à ces mêmes attentes.

Privilégier les emballages postaux pour une livraison optimale 

La marque digitale WAAM Cosmetics qui a revu ses types d’emballage il y a plus d’un an en fonction des produits les plus commandés, préfère les cartons qui ne prennent pas de place en hauteur. “Nous privilégions au maximum le format enveloppe, soit au plus 10 centimètres de hauteur afin que nos emballages soient faciles à transporter et à livrer directement dans les boîtes aux lettres”, justifie Maryam Keita, responsable marketing et communication digitale chez WAAM Cosmetics. Ces emballages postaux, économiques et pratiques. 

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