Fraude à l’assurance : vers une collaboration transfrontalière et intersectorielle

On a l’impression que, presque chaque jour, quelqu’un invente un nouveau moyen de frauder le secteur de l’assurance. Chaque nouveau système de sécurité est considéré par les criminels comme un défi direct, un obstacle à abattre afin d’extraire les précieuses données dont ils ont besoin pour dérober des identités et, en fin de compte, des capitaux.

Les types de fraude peuvent varier d’un pays à l’autre, mais ce type de criminalité ne connaît pas de frontières géographiques et sa lutte qui s’est engagée contre elle est de plus en plus un effort collectif international. 

La rapidité de cet effort international est devenue évidente lorsque fut organisé en novembre 2020 par une grande entreprise technologique du secteur un sommet mondial sur la fraude à l’assurance, auquel 150 personnes de 28 pays participèrent, contre 50 personnes de 16 pays l’année précédente. Y étaient représentées des entreprises et des organisations incluant la police, des autorités fiscales et frontalières, des assureurs, en passant par des organismes commerciaux et des experts en systèmes.

Il existe également l’Intelligence Network, communauté mondiale de plus de 2 000 professionnels de la cybercriminalité et de la criminalité financière et de personnalités influentes du secteur, qui compte des représentants d’entreprises et d’organisations telles que Microsoft et la CBI (Confederation of British Industry). Ils partagent des informations, mènent des recherches pour stimuler et documenter les nouvelles initiatives, et font pression pour le changement, afin de renforcer les défenses de chacun contre la cybercriminalité.

Il est bien sûr impossible de ne pas mentionner l’influence de la pandémie sur tout cela au cours des douze derniers mois, mais son impact n’a pas été que négatif.

Oui, le Covid a favorisé certains types de fraude et ouvert la voie à de nouvelles escroqueries, mais il a également favorisé une excellente coopération entre différents secteurs. Il a encouragé une bien volonté bien plus affirmée de partager les informations et les expériences entre les organisations et les frontières géographiques, et cela est en train de porter ses fruits.

Par exemple, le confinement a incité la Coalition Contre la Fraude à l’Assurance à organiser son tout premier webinaire. Il s’est avéré être le plus grand rassemblement anti-fraude de tous les temps, attirant 3 000 participants – ce genre d’événement est maintenant devenu courant.

Les partenariats entre le public et le privé sont particulièrement importants dans la lutte contre la criminalité automobile. Le partage des données entre toutes les organisations et autorités impliquées dans le cycle de vie d’une voiture et dans les enquêtes et poursuites en matière de fraude, y compris les constructeurs automobiles, les assureurs, les sociétés de crédit-bail, les avocats, est crucial – et il se produit maintenant alors que, parfois, il avait rencontré une certaine résistance dans le passé.

En raison des défis financiers, il est aussi important de perturber les opérations des fraudeurs que de les poursuivre. Il n’y a pas toujours les ressources nécessaires, en particulier dans certains pays et régions, pour enquêter et/ou poursuivre un grand nombre de fraudes actives, et ce défi financier a suscité une réelle créativité pour trouver des moyens de rendre difficile l’action des criminels.

Cela vaut la peine de jeter un coup d’œil à certaines de ces initiatives de défenses dans le monde 

– Dans l’ensemble, 78% des compagnies d’assurance disposent désormais de lignes d’assistance téléphonique contre la fraude, contre 64% pour l’ensemble des secteurs d’activité. Ces lignes d’assistance sont une arme cruciale dans la lutte contre la fraude, les signalements permettant de détecter 50% des cas. 

– À Hong Kong, il existe un problème important avec les fausses attestations d’assurance, qui sont fournies par des fraudeurs à des propriétaires de véhicules peu méfiants qui conduisent ensuite sans savoir qu’ils ne sont pas assurés. Ce problème est en passe d’être résolu grâce à l’introduction d’un nouveau système qui permet une vérification immédiate des documents, ainsi qu’à des analyses sophistiquées de la fraude qui détectent les signes d’activité criminelle. 

– En Corée du Sud, un récent changement de réglementation a joué un rôle important dans la lutte contre la fraude. Jusqu’en août 2020, il n’était pas possible pour les enquêteurs d’accéder à des informations cruciales pour la détection et les poursuites, mais cela a maintenant changé, permettant aux enquêteurs d’obtenir les données dont ils ont besoin.

– À Singapour, la General Insurance Association offre une récompense publique pouvant aller jusqu’à 10 000 dollars singapouriens (environ 6 000 euros) pour toute information menant à la condamnation de fraudeurs à l’assurance.

Partout dans le monde, les équipes de lutte contre la fraude relèvent le défi, s’attaquant au problème avec créativité, en faisant un usage optimal de tous les renseignements disponibles et en veillant à ce que les gens soient formés pour savoir ce qu’il faut rechercher et comment s’y prendre.

Ce type d’effort déterminé nous permettra de garder une longueur d’avance sur les fraudeurs qui cherchent à nuire aux entreprises et à provoquer stress et anxiété chez leurs clients.

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